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Isabelle
La danse a toujours été présente dans ma vie, à tous les moments et à tous les âges. Ma rencontre avec Hernan a cristallisé cette passion sur une danse, ma danse, le tango argentin.
Je dis « ma danse » parce que le tango argentin n’est pas une danse rigide et codifiée. Il est ce que chaque danseur ou danseuse en fait, selon son physique, selon sa force, selon son caractère. Rentrer dans le tango argentin demande un peu de temps. Le tango argentin ne se laisse pas attraper facilement et pour l’apprivoiser il faut travailler, se décourager, recommencer encore. Et puis, chaque fois que l’on a atteint une étape on s’aperçoit qu’il y en a une autre à franchir et c’est ça qui est bien avec le tango : on en a jamais fini avec lui. Le tango est une petite école de vie. On y trouve ce que l’on y met. On ne peut pas s’en sortir en expliquant que c’est la faute de l’autre. On ne peut pas s’en sortir tout seul. On ne peut pas s’en sortir sans savoir communiquer, dans le jeu des rôles attribué à chacun des partenaires par le tango. L’homme conduit. La femme écoute et suit.
Derrière cette dichotomie simpliste se trouve la même infinité de nuances que dans la vie. Un danseur qui ne fait que conduire, sans écouter la femme, est un mauvais danseur. Dans l’espace que lui crée en permanence le danseur, et dans la mélodie musicale, c’est la femme qui donne sa couleur à la danse du couple. Pour apprendre, il faut avoir de bons maîtres. Ne pas trop mélanger les influences au début car on peut vite s’y perdre. Certaines femmes m’ont beaucoup transmis, avec une grande générosité. Carmen en France, puis Maria Rivarola à Buenos Aires, et Pilar Alvarez à Barcelone. Et enfin la lumineuse Maria Filali en France. Maintenant je transmets à mon tour. Aux danseurs, aux danseuses, qui arrivent dans ce monde particulier qu’ils ont parfois idéalisé après avoir vu un spectacle, et qui découvrent soudain la difficulté de marcher à deux. Je transmets à ceux qui dansent depuis quelque temps mais qui sont restés bloqués dans l’angoisse de la figure, à l’extérieur de leur corps. Transmettre le dicible et l’indicible. A une femme je dis que chaque homme avec qui elle danse est le plus beau du monde, pendant les trois minutes que dure le tango, ou la valse, ou la milonga. Peu importe qu’il soit petit ou gros ou chauve ou bedonnant. S’il danse dans la musique, qu’il a de la présence et de la sensibilité, alors elle lui fera confiance, le temps de ce tango, et elle partagera avec lui ses secrets. Le temps d’une danse.
26/11/09 Hernan et Isabelle ont dansé le 22 Novembre à "El Patio" en hommage à leur professeur Victor Convalia Voir Vidéo LA LEÇON DU JOUR : La Salida ![]() * Champs obligatoires ! |